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COPIE 

 

Copier à l’identique ? Impossible car je ne dispose pas des mêmes matériaux, des mêmes outils et malheureusement j’ai moins de temps à consacrer à la peinture… Et puis quel en serait l’intérêt ? Ne serait-ce pas un exercice purement formel ?

Donc je vais copier « autant que faire se peut », c’est à dire m’approcher. Reste à placer le curseur des ambitions et à définir les critères de satisfaction personnelle ou de reconnaissance par les éventuels spectateurs. Quand vais-je considérer que la copie est terminée, quand les visiteurs vont-ils considérer que ma peinture est une copie (bonne ou mauvaise) de PJ de Loutherbourg ?

Hypothèse : j’aurai terminé quand j’aurai réussi à faire miennes les intentions du peintre et à les faire partager, en les transcrivant/ transposant, sans les trahir, dans mon langage pictural.

 

Modus operandi ? L’observation, comme on observe un modèle vivant ou une nature morte et surtout, à travers elle, la recherche des intentions du peintre. Quels sont les enjeux du tableau, qu’est-ce qui sous-tend la démarche du peintre ? Si ces questions ne sont pas posées, on ne comprend pas le tableau (au sens littéral du terme) et on ne peut pas commencer à l’assimiler, à le mâchouiller !

En l’espèce, le tableau choisi n’est pas la représentation d’une scène de genre mais une mise en scène de la lumière de la lune d’une part, avec les pommelures éclairées des nuages, les reflets dans la mare, les taches sur les museaux des animaux, et une mise en scène de la lumière du feu d’autre part, avec les ombres portées dans la grotte et les reflets du brasier dans la mare. Les humains, bien que parfaitement caractérisés, qui avec sa baguette de bouvier, qui avec son chapeau de bergère, sont laissés dans l’ombre.

A y réfléchir, ce sont ces jeux de lumière nocturne qui m’ont fait choisir ce tableau. Et si ma toute première émotion rejoignait l’intention profonde du peintre ? Je tiens une piste, le dialogue peut commencer sur ce thème, au-delà des techniques picturales empruntées.

 

Certes, un.e critique d’art peut faire émerger les intentions du peintre, expliciter les questions qu’il se pose … Mais moi je vais essayer d’y répondre avec ma sensibilité et mon écriture.

Je n’imite pas les réponses du peintre, je fais miennes ses questions.

DOUBLE (S)

 

Il est très difficile de se détacher du tableau de référence. J’ai du passer par plusieurs stades de « dépouillement », comme s’il fallait enlever des couches. Sans solution satisfaisante pour l’instant. Actuellement plusieurs versions sont en chantier, à la suite du premier travail de « copie » (V0). D’autres vont certainement suivre. Alors se pose la même question que pour la copie : quand et sur quels critères pourrai-je dire que telle proposition est la bonne, est le « double » ?

 

J’ai l’impression d’avoir perdu toute spontanéité. Est-ce que le fait d’avoir « ingéré » le tableau a épuisé l’émotion première ? Ne peut-elle pas renaître sous une autre/ nouvelle forme ? Pourtant j’ai un souvenir très précis de cette émotion mais je peine à la transcrire dans une autre enveloppe que celle de la première copie.

 

Comment se détacher en restant fidèle ? Je sens que je suis happée par la représentation et qu’elle affaiblit mon propos. Mais comment aller vers le non figuratif sans verser dans l’arbitraire ? 

 

Je pense que je vais repartir des intentions du peintre, comme d’autant d’ingrédients entrant dans un plat. Mais je ne vais en retenir que quelques uns : ceux que je « goûte » le plus et qui me permettront de faire ma propre cuisine : la lune, les ombres profondes, la composition en diagonale. Une certitude : le reflet de la lune sera un rond rouge.

 

Work in progress